Infographiste de métier, je suis amené à travailler la semaine sur Mac et à utiliser les logiciels "standards" des Industries Graphiques : InDesign, Illustrator & Photoshop CS3.
Une fois rentré à la maison, j'utilise de préférence des alternatives libres tel The Gimp et Inkscape.

Mais que vaux réellement Inkscape face à Illustrator ?
Est-il possible de créer des graphismes de qualité entièrement avec des logiciels libres ?
Quelles sont les lacunes existantes ?
Voici mon retour sur expérience.

Inkscape version 0.45

Les fonctions utiles

  • Les quartiers de cercles réalisables directement depuis une forme ellipse
  • Les coins arrondis éditables directement sur la forme rectangle
  • La pipette à zone d'échantillonnage réglable directement depuis l'outil
  • Les palettes de couleurs configurables
  • Le principe des "clones" qui permette de ne modifier qu'un objet pour que tout soit répercuté sur les autres.
  • Le principe des masques et de la découpe

Les manques

  • Des objets facile à sélectionner (on ne sait pas où pointe le pointeur - symbole de la main)
  • Des raccourcis configurables pour les outils et les fenêtres pour une personnalsiation complète de l'outil
  • Une interface "pro" par défaut (vous pouvez cepandant personnaliser les icônes)
  • Pouvoir créer facilement des palettes personnalisées de manière graphique
  • Un export correct du png (les bords des objets sont aliésé avec transparence)
  • La compatibilité avec le format .ai et .pdf (le pdf ne prend pas le flou des objets)
  • Un outil plume avec plusieurs options suivant le contexte et des tracés plus visibles.
  • Optimiser l'effet de flou. En effet, il semble gourmand en ressources surtout avec un fort taux d'agrandissement.

Différences en pratique avec Illustrator

L'interface

L'interface d'Inkscape par défaut... est très laide. En effet, le rendu des icônes est plutôt grossier, certaines icônes ne sont pas très compréhensible et n'ont pas une charte graphique harmonieuse. C'est un point volontairement délaissé par les développeurs, qui se concentrent sur l'ajout de fonctionnalités. En attendant la refonte de l'interface, nous pouvons heureusement remplacer le set d'icônes par d'autres plus esthétiques. Ainsi l'ergonomie du logiciel est grandement améliorée en attendant une version reliftée.

L'outil plume

L'outil plume a un fonctionnement différent d'Illustrator et qui est déroutant au départ. En effet on ne sais pas comment créer un point qui n'à qu'un bras. Après recherche sur internet, la solution est de valider le tracé avec la touche "Entrée", puis de cliquer à nouveau sur le point pour reprendre le tracé. Cela n'est pas des plus pratique, mais on s'y fait. Sur illustrator, il suffit de cliquer sur le point (avec la touche alt enfoncé si je me rappelle bien) pour supprimer le bras inutile et continuer le tracé. Par ailleurs il serait utile de pouvoir switcher rapidement sur l'outil sélection d'objet (flèche noire), ce qu'Illustrator permet avec la touche "pomme". De plus le tracé est moins lisible que dans Illustrator, puisqu'on a pas les points déjà créé pendant la réalisation du tracé. Bilan : l'outil est moins pratique mais on peu quand même bosser.

La gestion des calques

Un conseil précieux : utilisé la fenêtre "calques", car la boîte de dialogue placé en bas de la zone de travail n'est pas très pratique. Pour déplacer les objets sur les calques ou leur ordre on préférera souvent passer par les menu plutôt que d'utiliser les raccourcis, la faute aux combinaisons de touches à presser qui portent à confusion. On aimerais bien pouvoir reconfigurer les raccourcis histoire de ne pas se tromper. On retiendra néanmoins les plus importants : Déplacer les objets sur le calque au dessus/en dessous, Monter/Descendre l'objet.

Le pathfinder

On retrouve les principaux modes de fusion de tracés, et on arrive à faire ce que l'on souhaite. On notera cependant que pour relier deux chemins différents il faudra utiliser l'outil combiner, sans quoi c'est impossible. La notion d'offset peut être utile, en permettant la création d'un tracé dilaté ou contracté par rapport à votre sélection.

Le masque/découpe

La découpe est une fonctionnalité bien utile qui permet de masquer une partie de l'illustration, comme si elle était vue au travers d'une ouverture.
Le masque lui permet en plus de la découpe, de rendre certaines parties translucides. Le logiciel se base alors sur l'opacité ou la transparence de l'objet au premier plan, cette fonction étant intéressante par la gestion des dégradés en tant que masque.

A venir dans la 0.46

  • L'outil remplir hérité des logiciels d'imagerie "pixel" créera un tracé dans une forme fermée et le remplira de la couleur sélectionnée
  • L'édition des dégradés directement dans la zone de travail : ajout d'étapes de dégradé, changement de couleur...
  • La sélection "lasso" permet de sélectionner des objets grâce à un trait que l'on dessine sur la zone de travail. Les objets touchés par le traits sont sélectionnés.
  • Un nouvel outil : calligraphie, qui permettra de sculpter des formes, et un autre mode dont je n'ai pas encore saisie l'utilité.
  • ...

Conclusion

OUI ! Il est donc possible de créer des graphismes qualitatifs sur inkscape, ce logiciel reprennant la plupart des fonctions de dessin vectoriel. Certes, il reste des choses à améliorer, mais pour qui se donne la peine, Inkscape permet de réaliser beaucoup de choses. Pour convaincre les professionnels, il faudra cependant devenir réellement compatible avec les formats .ai et .pdf, qui sont les standards de l'impression.

Au final, ce qui me séduit dans Inkscape, c'est qu'il ne se contente pas de mimer la référence du genre - Illustrator, mais propose au contraire des outils innovants. Il est en effet vain de tenter de convaincre les infographistes par un clonage de fonctions, car Inkscape à trop de retard sur ce point. Il faut au contraire, concevoir des outils inédits qui apportent un réel plus par rapport aux autres logiciels. Travailler mieux et différemment. On peut saluer les efforts déjà accomplis, et malgré son aspect un peu "amateur" et quelques lacunes, ce logiciel est surveiller. Dans les années à venir cela ne m'étonnerai pas qu'il se fasse un nom dans le paysage de l'infographie.